|
Rencontre sur l'oeuvre entre
le regard du peintre et celui de l'amateur
Exposition d'oeuvres peintes de Roee Suffrin placées un an
dans ma maison.
Yehoshua Rahamim Dufour.
Poème du scribe votre serviteur
qui a recueilli les paroles subites
des regards des visiteurs
devant les peintures
de Roee Suffrin.
Confidences intimes,
incontrôlées, incontrôlables,
et dites à mi-lèvres intimes.
En ces paroles émises, les visiteurs
ont chaque fois, tous et sans exception,
rencontré en ses oeuvres
l'expérience d'un grand peintre,
son regard, sa vie intérieure
projetées sur la toile qui émet et les regarde.
J'ai noté chaque fois les mots
qui, de leurs coeurs, devant moi s'envolaient.
1
Oh! Le regard
devient rencontre céleste,
prière parfaite,
quotidien divin,
pureté directe.
Il y a l'être,
pas besoin de plaire.
Pas de mots pour dire,
la rencontre est parfaite.
Tout est ici, j'oublie le reste.
2
La seconde vie est ici,
baiser éternel
dans la multiplicité
multidimentionnelle.
Tu m'as donné
-peintre enfant éternel-
le miroir de l'immensité
en chaque couleur
en chaque trait.
3
Je ne pourrai plus oublier
que tes tableaux
en moi existent
partout où j'allais,
partout où le monde existe.
Tout regard désormais
reste illuminé.
Celui qui me l'a révélé,
s'il n'est pas prophète,
il est Juif et m'a donné
le lien universel
et le regard qui sait.
4
Tout être est noblesse
désormais.
Tout regard est intimité
et majesté.
La vie n'est plus oubliée,
Les yeux restent écarquillés
sur le bonheur révélé.
5
Le peintre a travaillé
son tableau. J'ai acheté,
j'ai acquis l'éternité.
Le paradis reste révélé,
il anime l'intimité
secrète de ma maison renouvelée.
Heureux enfants juifs
de ce peintre modeste
fils de grands prophètes.
Dès la naissance
il leur transmet
tout le fleuve d'éternité.
6
Mon tableau acheté
est une famille
éternelle depuis Béreshit.
Ici Dieu est vérité,
pas de séduction faussée.
La romance est constante,
respiration parfumée.
7
Seule, une telle oeuvre,
un roi, une reine
pourront l'acheter.
Ce n'est pas un tableau décoré,
c'est le don parfait
de l'art de contempler,
les espoirs rencontrés,
la contemplation donnée.
J'ai acheté la respiration
qui ne pourra pas s'oublier.
Lui avait travaillé
pour y arriver.
Il me l'a prêté.
8
Hafez, l'incomparable persan
t'avait en Iran formé:
Sois rebelle, disait-il, et reconnaissant
bois le vin de l'humanité.
Sois la perle qui est capable infiniment
de recevoir toute la lumière
donnée.
Et Saadi t'a si bien dit
que tous les humains sont seule
unité
alors tu as partagé
avec tous en simplicité,
sans jamais tricher,
en dignité, en vérité,
les roses du Jardin des félicités
que tes ancêtres t'avaient
glissé.
Saadi t'avait révélé
que la respiration est bénédiction
renouvelée,
Betsalel perpétué
et tu nous l'as dessiné
dans le tableau du couple
au chofar sonné,
et dans celui des générations qui marchent
par la Torah soulevés.
Comme ton tableau, les enfants
que nous faisons
dans le peuple qui voit les voix
plus loin encore nous montreront.
Le paradis est ici.
Roee Suffrin, merci.
|